Marrane

Marrane

Marrane : Juif d'Espagne et du Portugal qui, contraint de se convertir au catholicisme (1492), restait secrètement fidèle au judaïsme. Nombre de marranes s'exilèrent (Amsterdam, Londres, Bordeaux, etc) notamment au XVIè siècle, sous le règne de Philippe II d'Espagne.

Quelques années plus tôt, en Andalousie, le même secret avait été révélé à sa mère par sa grand-mère, la Abuela, celle qui gardait la tradition sacrée. Jour après jour, elle enseigna à sa petite fille les notions essentielles de la religion juive, elle lui montra des photos où l'on voyait des objets de culte : le talit ou châle de prière, le téfilin, la mézouza... Et la signification des fêtes : pessa'h, la pâque juive, roch hachana, le nouvel an et yom kippur, le grand pardon.

Elle lui raconta aussi qu'avant 1492, il fut une époque bénie où Maures, Juifs et Chrétiens vivaient côte à côte et se respectaient et qu'ils firent de l'Andalousie un monde de merveilles et d'érudition. Un médecin juif de Séville, un astronome chrétien de Cordoue et un riche marchand arabe de Grenade se retrouvaient alors tous les ans pour parler philosophie, religion, culture et poésie, en toute liberté. C'était l'époque d'El Andalous. Jusqu'au jour où le roi catholique décida de reconquérir cette région ...

Cinq siècles après l'expulsion massive d'Espagne, cinq siècles après les conversions rapides pour ne pas périr dans les flammes, les Juifs Catholiques espagnols étaient encore aux yeux des autres, des porcs. Des Marranos. Laids et sales. Cochons.

" Alors j'ai commencé à étudier l'époque d'El Andalous, car je voulais savoir ce qui était arrivé aux trois sages, mais je préférais l'histoire revue et corrigée par ma mère avec ses anachronismes, ses coups de théâtre, son style feuilleton radiophonique. "

Eduardo Manet nous livre ici, selon ses propres termes : " Une fiction bien documentée et un document qui contient une bonne part de fiction "