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Emmanuel Ruben


19,00 €
Parution le 19/08/2010
240 pages

La souplesse de la phrase d’Emmanuel Ruben séduira tous les passionnés de littérature. "Les marches des ruelles qui cascadaient, zigzagantes, entre figuiers et rigoles, nous les dévalions le matin vers le marché, où bus et marchroutki se klaxonnaient parmi les cris des babouchki ; à midi, nous les grimpions les bras chargés de patates, de sardines, de bouteilles de muscat, de fruits ; nous les redévalions l’après-midi, sandales claquantes, pour les regrimper le soir, serviette sur l’épaule, et puis c'était la nuit, et puis c’était au petit matin ; chaque jour, sur la pierre inlassablement tiède, notre ombre dédoublée retrouvait son empreinte de la veille – la mienne toujours claudicante, la sienne traînante ou filante, à la dérive. Dès le premier jour, elles avaient rythmé notre quotidien, ces marches, et, malgré ma maudite jambe, nous avions tôt pris comme une allure d’autochtones, non, surtout ne pas passer pour des touristes, en les comptant des talons, moi de ma béquille ; souvent, suant, haletant, je marquais une pause, me retournais, et la mer entr’aperçue, miroir en V, l'écho de sa voix on se retrouve à la maison maison son son son répercutée par les murets, je me remettais en marche – je n’en pouvais plus mais je m’en moquais, le soleil de Crimée faisait de nous des enfants : oui, nous avions pour quelques jours l’espoir, l’ingénuité ? – d’avoir enfin trouvé, à bout de souffle et d’errance, un lieu dont la beauté, la couleur, la lumière – oserais- je dire le génie ?, – abolirait en nous tout désir d’un autre.

Emmanuel Ruben est un jeune agrégé de géographie, musicien, remarquable dessinateur et maintenant romancier.

« D'une écriture riche, évocatrice, impeccable, ce premier roman empreint de littérature russe, s'il se noie parfois dans les circonvolutions de sa structure, offre à tout le moins de superbes atmosphères. » Chronic'art

« Ce premier roman foisonnant, hérissé de retours en arrière, multiplie les personnages pittoresques et les réminiscences littéraires. C'est une description passionnée de cet "Orient d'Europe" baigné d'une lumière "remémorée réinventée". » Monique Petillon, Le Monde